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lunedì 3 marzo 2014

RAPPORT DE MISSION SUR L'EXCISION EN GUINEE


RAPPORT DE MISSION EN GUINEE (1)

 (Novembre 2013-janvier 2014)



L’éradication de la pratique de l’excision, en Guinée comme ailleurs dans la planète, n’a pas seulement une grande importance pour la sauvegarde de la santé  physique des femmes, mais aussi pour l’affirmation de leurs pleins droits à l’intégrité physique et  psychologique. La prévalence des MGF en Guinée est encore très haute: un Rapport de l’UNICEF de juillet 2013  fait état d’une prévalence de la MGF de 96%, la deuxième  la plus haute du monde après la Somalie.

Il est maintenant prouvé que, entre les conséquences néfastes de l’excision, il y a aussi un risque majeur pour l’accouchement,  dès que l’excision  contribue à une plus élevée mortalité maternelle.
Surtout dans la zone de Boké et en général en Basse Guinée, la prévalence est très haute (100%). La loi de 2000 qui interdit cette pratique en Guinée est une étape fondamentale, mais sans une sensibilisation efficace surtout en milieu rurale, moins touché par les communications de masse, le processus d’élimination sera très long et pénible. Selon le Rapport  UNICEF 2013, un pourcentage assez bas de femmes guinéennes est en faveur de l’élimination de la pratique  (19%).
 Une vidéo éducative  visant à un vaste public populaire et adaptée aux réalités de terrain, en langues locales, peut  fournir un puissant outil d’information, débat et conscientisation.  D’après les renseignements recueillis, les nombreux projets et programmes  réalisés  jusqu’à cette date visant l’élimination des MGF/E  n’ont pas encore produit un tel outil.  C’est donc dans le but d’étudier  les conditions de la faisabilité d’une pareille vidéo dans les plus brefs délais que je me suis rendue en Guinée de 27 novembre 2013 jusqu’au 16 janvier 2014, dans le cadre d’une mission auto-conçue et auto- financée.

C’est évident que la conception d’un outil andragogique implique un support théorique solide. Les  modèles de référence  d’élection sont ceux qui conceptualisent les processus  du changement de comportement dans le domaine sanitaire. Un texte relativement récent en anglais  répertorie  la série des théories qui ont été élaborées  dans les dernières  30 années et propose une synthèse  qui me semble convaincante. Le Rapport UNICEF 2013 aussi se réfère à ces modèles qui tous (ou presque) soulignent l’importance de la norme sociale et les contraintes du contexte socio-économique. Bien que la plupart des interventions  réalisées pour changer des comportements dans le domaine sanitaire  aient  eu lieu dans les pays développés, on peut se prévaloir des expériences  mises en place  depuis les années 1990 en Afrique et en Asie du Sud-est pour la prévention du VIH-SIDA, qui présentent des analogies avec le thème qui nous intéresse ici, la prévention des MGF/E. Dans les deux cas en fait il s’agit des choix des individus dans  la sphère de la sexualité, très imprégnée de croyances, préjugés, traditions enracinées, rapports de pouvoir qui conditionnent la conduite des membres de la communauté. Si possible, la problématique liée  aux  MGF est encore plus complexe que pour le VIH/SIDA, car il ne s’agit pas seulement de renverser un modèle de féminité, de sexualité soumise et sans voix, mais de déclarer périmée toute une tradition ancestrale imbriquée  dans les rites d’initiation, fondant le lien social. 



En tout état de cause, plusieurs éléments  des différentes  théories, compatibles et parfois complémentaires, nous semblent pertinents :
·         Le concept de STAGES successifs et pas toujours en progression automatique (il y a des retours en arrière), une transition lente à travers le changement de comportement et de valeurs de référence, à partir de la phase de « pré-contemplation » (du changement) à la « libération sociale » selon le modèle de James O. Prochaska et DiClemente, le « Modèle Trans-théorique »;
·         L’influence des personnes importantes de l’entourage sur le sujet qui commence à considérer  le changement (les « significant others » selon le psychologue M. Fishbein), donc la pression exercée par le milieu sur les individus et les rapports de pouvoir (modèle de  la « Reasoned Action » de M. Fishbein et I. Ajzen )
·         Les concepts de A. Bandura  dans la théorie du « social learning », ré-baptisée  « social cognitive theory », qui emphatisent  soit l’auto-efficacité (de l’individu) soit les relations réciproques entre milieu et individu et l’importance des facteurs externes facilitant le changement  (et les possibles barrières);
·         La  théorie de la diffusion des innovations de  E.M. Rogers, très connue et très utile, à mon avis,  pour comprendre comment un nouveau comportement   socialement  bénéfique  (« social marketing ») peut  être présenté comme attractif et désirable ;
·         Enfin, l’interaction du plan affectif et cognitif et l’importance d’un diagnostic de la dynamique communautaire, essentielle dans un contexte africain.

Les contacts institutionnels à Conakry ont été limités, à cause des  difficultés logistiques, dès que le siège principale où la mission de terrain s’est déroulée était  la Préfecture  de Boké, et précisément les villes de Boké et de Kamsar et on se déplaçait en taxi brousse .
A Boké on a travaillé avec la Direction Préfectorale de l’Education, la D. P. des Affaires Sociales et la D.P. de la Santé.
Le  diagnostic du contexte culturel et sociale a été réalisé à travers plusieurs entretiens basés sur des  guides d’entretien écrits. A suivre, la liste des personnes interviewés (tous et toutes anonymes pour un souci de discrétion, étant donné le domaine intime des contenus de l’entretien) :
·         38 élèves des classes terminales des Lycées respectivement de Filira  (Boké) et Filima (Kamsar) (20 garçons et 18 filles), entre 15 et 28 ans, âge moyen 20 ans.
·         6 élèves de la première classe de Plomberie du centre de Formation professionnelle de Boké (3 garçons et 3 filles), même âge moyen.
·         1 imam de Boké
·         1 chef de quartier de Boké
·         2 femmes  (professionnelles ) en âge mûr  à Boké
·         1 ménagère  (relativement jeune) de Conakry
·         4 exciseuses de Kamsar


On a eu aussi des conversations approfondies  avec deux sage- femmes (respectivement à Boké  et  à Kamsar)  et des conversations plus informelles  avec deux gynécologues (l’un de Conakry, l’autre de Kamsar), et avec deux médecins de M.G. (dont la Directrice de la DPS de Boké), aussi bien que beaucoup de conversations plus ou moins casuelles avec d’autres sujets, qui ont été utiles pour compléter le diagnostic.
On a aussi participé à un Séminaire organisé par la D.P. des Affaires Sociales de Boké sur les violences basées sur le genre le 12 décembre 2013, dans lequel  il a aussi été question des MGF.

Le but et le focus des entretiens étaient diversifiés selon les  caractéristiques des interlocuteurs :  pour les élèves, les représentants  de la jeune génération  la plus instruite dans une zone semi-rurale,  il s’agissait de comprendre quelles étaient leurs connaissances et leurs attitudes face aux MGF. Dans le cas des femmes plus âgées, l’objectif de l’entretien était de déceler le vécu de l’excision sur le plan sexuel et dans le rapport maritale. Le point de vue masculin sur  cela a été recueilli dans le témoignage d’un homme seulement, le chef d’un quartier de Boké. Pour les sages- femmes, les médecins et  les gynécologues, il s’agissait de comprendre à travers leurs  expériences professionnelles l’étendue  et l’évolution de la situation. Enfin, on a eu la chance de pouvoir identifier et interviewer, avec l’aide d’un interprète, un groupe d’exciseuses  encore actives, deux « doyennes » et deux « apprentis » plus jeunes, qui n’ont aucun doute sur le bien-fondé de leur choix. Les deux vieilles sont analphabètes complètes (mais elles ont fréquenté l’école coranique), les deux plus jeunes ont fréquenté l’école française pour un certain nombre d’années (8 et 4 respectivement).

Résultats  et discussion

L’approche de l’enquête était nécessairement  qualitative dès que le nombre des personnes touchées était modeste. On va présenter les résultats  séparément, selon les interlocuteurs.

Les élèves

Dans le cas des étudiants , le groupe le plus nombreux des interviewés, on a remarqué un «gradient » d’adhésion à la pratique de l’excision, du maximum  de 4 favorables contre 2 adverses dans le Centre de Formation Professionnel de Boké (un des garçons  avait aussi des grandes difficultés à s’exprimer en Français), où les élèves  proviennent d’une couche socio-économique plus modeste , au minimum du Lycée Filima de Kamsar (15 adverses, 3 favorables, 2 en doute). Kamsar est une ville plus dynamique et culturellement plus ouverte que Boké, où en total, sur les 18 élèves interviewés on compte 9 favorables et 9 adverses. On n’a pas remarqué des différences  entre les filles et les garçons, donc l’expérience en première personne de l’excision ne semble pas constituer une discriminante.
 Le guide d’entretien dans les écoles était composé de 3 questions identiques pour les deux sexes, sauf une quatrième question dirigée aux filles sur le statut d’excisée/non-excisée et les circonstances de l’excision. L’origine géographique et ethnique des élèves était très variée et donc un vaste éventail culturel était représenté (peulh, soussou, baga, landouma, kissi, nalou, diakanké, etc..).


D’une façon général, on remarque que seulement quelques garçons et filles ont donné une réponse claire quand il s’agissait de décrire en peu de mots l’opération physique de l’excision. « L’excision est un acte dans lequel on utilise la tradition » (fille au Lycée Filira) ; « Je ne sais pas exactement comment se passe l’affaire » (garçon au Lycée Filira) ; « J’ai un peu oublié. Je connais mais j’ai oublié » (garçon du CFP de Boké).  Une fille peulh de 15 an a les idées plus claires « On circoncise la fille, est de couper une partie du sexe de la fille, la partie qu’on coupe s’appelle en poular  solihoungoun ». C’est un garçon du Lycée de Kamsar qui donne la réponse la plus claire:  « L’excision par définition consiste à faire la mutilation de l’organe génital féminin , on coupe une petite partie qui est à l’intérieur».  Il est l’unique qui dit clairement en Français « clitoris », cela m’étonne, parce que la plupart des autres au maximum donnaient le nom en langue nationale. Je lui demande qui lui a expliqué si bien cela et il répond : « le professeur de français ».  La réponse  la plus étrange est celle d’un garçon du Lycée de Boké. » L’excision est un petit mot qui coule lors des rapports sexuels entre un homme et une femme ». En général, j’ai préféré d’écouter seulement, limitant les explications factuelles à quand elles étaient vraiment nécessaires, mais dans certains cas , lors que je remarquais un vif intérêt à en savoir plus, je donnais des explications. Dans un cas, un garçon m’a dit qu’il a changé d’opinion (de favorable à contraire) pendant l’entretien, parce qu’il n’avait pas compris en quoi l’excision consistait (il a été classé comme « en doute »).

Les raisons les plus mentionnées de l’adhésion à la pratique étaient :
·         Les traditions et la nécessité de les suivre : « On a trouvé ça avec nos parents. Nous serons obligés de continuer » (garçon du Lycée Filima) ; « C’est l’habitude des nos anciens , pour ça on va le faire» (fille du CFP de Boké) ; « Chez nous ici c’est bon, parce-que on a vu ça chez nos grands pères » (garçon du CFP de Boké, et il continue en disant : je ne sais pas ce qu’on fait à la fillette. Je lui demande alors pourquoi il dit d’ être favorable à quelque chose qu’il ne connaît pas, il répond : « Parce-que c’est ce qui se fait chez nos grands pères » ; et encore : « Nos grands pères ont commencé, on doit continuer » (fille du CFP de Boké) ; « c’est l’habitude de nos anciens » (fille du CFP de Boké) ; « c’est bon parce-que c’est traditionnel » (garçon du CFP de Boké).
·         La nécessité de diminuer la possibilité d’ « excitation » des filles : « Une fille qui n’a pas été excisée a beaucoup d’ambitions chez les hommes …oui je suis favorable parce-que si non j’aurais beaucoup d’ambitions » (fille du Lycée Filira) ; Quand on n’excise pas une fille elle devient plus excitante » (fille du Lycée Filima) ; On dit ici que si une femme n’est pas excisée elle va faire n’importe quoi, le vagabondage » (garçon du Lycée Filira) ; « C’est très important pour nous les filles, si on n’avait pas ça il y aura…comment dire…tu dois te limiter…si non…Moi je veux que ça continue » (fille du Lycée Filira) ; « c’est une méthode que rend les filles fiables ». Quand je demandais pourquoi alors il y avait un tel nombre des grossesses non désirées  parmi les adolescentes, on n’avait pas de réponses.
·         La religion est mentionnée seulement dans un cas : « la religion nous impose de faire…oui, je vais exciser ma (future) fillette » (garçon du Lycée Filira). Ce même garçon venait de me dire : « j’ai pas aimé cette pratique parce-que …du aux causes que ça fait aux femmes, ça cause des différentes  maladies ». On a remarqué parfois ces propos contradictoires, mais on n’avait pas le temps d’ y travailler, ni le but du constat était de faire bouger les opinions (cela s’est produit, comme on l’a dit, dans un cas).
·         Un garçon du Lycée Filima dit que « ça (l’excision) favorise les rapports sexuels », et il est, « bien sûr », favorable.


D autre côté, les élèves qui étaient adverses à la pratique (26 sur 44), se référaient aux informations reçues  à travers  les moyens de communications de masse (TV, conférences, passe-parole surtout, quelque fois l’école ou les professeurs de biologie –ou de français). Parfois  on se base sur l’expérience personnelle.
·         « L’excision n’est pas bon…ça provoque des maladies, ça peut rendre une femme stérile, si on excise une fille on peut être contaminée..Chez les grandes mères c’est le couteau.. »  « faire la circoncision n’est pas bon..parce-que il y avait une toute petite fille de 8 ans qui a sorti beaucoup de sang, toute la journée…pour arrêter le saignement on a pris une hache, on l’a mise sur le feu et (ensuite) dans l’eau. Après la fillette a bu l’eau. Le saignement s’est arrêté  petit à petit. …la plaie a duré…on a coupé un bois, en poular dougounmè. On a mis dans le feu, la partie brulée du bois, on( l’)a raclée. Et on a mis la poudre sur la plaie, cette poudre a fait guérir, tout ça a duré une semaine. Pour cela je suis contre ». « Ça cause beaucoup de conséquences, les règles douloureuses, les MST, difficultés pendant l’accouchement, hémorragies..je suis contre » (garçon du Lycée Filima).
·         Un garçon du Lycée Filima, qui est « contre », dit que « une tante avait pris ma petite sœur, 7 ans,  et l’a emmenée au village. Ma mère ne voulait pas (la faire exciser), elle a volée la fillette. Elle (la sœur) est tombée malade, on a dit que c’est le palu. Il y a des sorcières au village, ….elles font leur travail la nuit. L’enfant est morte….c’est pour ça que je suis contre».
Dans les (rares) cas où les parents étaient contraires à l’excision, il y avait une parente, une amie intime, une tante qui avec un subterfuge soustrayait l’enfant et la faisait exciser à l’insu des ses parents, ou encore, la mère faisait exciser l’enfant à l’insu du père absent.

On remarque que très souvent les filles ont été excisées, selon reporté, par des « infermières » ou par des » sages-femmes », dans un cas par « un médecin ».   Les lieux de l’excision étaient  «la douche  de la maison de mon grand père », « chez  l’exciseuse», « une enceinte au village », « dans une clôture »,  quelque fois « dans la forêt », « en brousse ».
Presque tous les élèves ont mentionné des cas malheureux de filles tombées malades ou même qui « ont rendu l’âme » : j’ai conté 3 cas mortels  sur 18 interviews à Filira, 2 (sur 6 !!) au CFP de Boké, et 3  au Lycée Filima, 8 cas sur 44 interviews. Presque tous les interviewés ont mentionnés des cas de saignement excessif, d’hospitalisation et des suites pathologiques : une femme ne peut plus bien marcher, l’autre est stérile. Une fillette a pris la « souplis », (syphilis ??),  et une autre le tétanos, heureusement guéri.

L’expérience des femmes  en âge mûr et les témoignages du chef de quartier et de l’imam



L’expérience de l’excision était encore très vive dans les deux femmes :  une avait été excisée deux fois parce-que les résultats de la première excision n’étaient pas satisfaisants : selon sa mère, on avait coupé très peu et « cela » avait repoussé. (Un élève m’a raconté la même histoire d’une double excision d’une petite amie, et dans ce cas la deuxième fois a été fatale, la fillette est morte).
Toutes les deux femmes ont mentionné leurs difficultés dans les rapports sexuels, qui se sont  prolongées pour des longues années « j’étais comme un arbre » ou « rapports très douloureux ». Pour l’une, il y a fallu 4 ans avant de prouver du plaisir, pour l’autre, 15 ans ! La première a réussi à ne pas faire exciser sa fille, à l’aide de son mari qui a menacé  ses sœurs qui voulaient le faire de porter plainte, tandis que les filles de l’autre ont été excisées en cachette par une parente, à son insu.  Elle commente : « cela se passe très souvent ».

Le chef de quartier est à la retraite (il était un fonctionnaire d’Air Guinée) et déclare « les gens s’entêtent toujours dans la coutume, c’est pas normal….ça occasionne beaucoup de maladies, ça diminue la féminité de la femme..je pense que c‘est un dégât ». Et encore, sur le plan sexuel, « un homme se fatigue » . Il faut ajouter qu’il a quatre femmes. Il a 12 enfants, 6 sont des femmes, et elles feront exciser leurs  fillettes : « elles veulent faire l’excision légère, on blesse ».

L’imam, quant à lui, admet que « la Guinée est un pays laïque et le gouvernement a interdit l’excision des femmes.. » ;  « hommes religieux nous sommes, on ne peut pas  combattre les lois du gouvernement.. », mais quand je lui demande si il s’est jamais
prononcé ouvertement contre les MGF dans la mosquée, en disant que l’Islam ne l’impose pas et que il y a même une fatwa qui condamne les MGF, il répond qu’il le ferait si le Grand Imam de Conakry se prononçait explicitement sur cette question.

Les témoignages des exciseuses de Kamsar

                 

Les deux doyennes ont respectivement  66 ans et 55 ans, tandis que les deux apprentis sont sur la trentaine. La plus vieille dit qu’elle n’excise plus, elle fait « l’assistance », et enseigne aux autres. Elle a commencé à 30 ans, « prenant du courage » et a appris sur le tas des amies plus âgées. Elle a fréquenté l’école coranique pour 13 ans, jusqu’à 18 ans quand elle s’est mariée, et se rend à la mosquée chaque jour, matin et soir. Après l’indépendance en 1958 elle a fréquenté jusqu’à la  3° année de l’école française. Elle n’écoute jamais la radio et affirme ignorer que l’excision soit interdite par la loi. Elle pense qu’il soit « bon de faire l’excision parce-que si tu es musulmane, si une femme n’est pas excisée, sa prière ne sera pas exaucée ». Je demande où elle a appris ça, et elle répond  « chez le marabout ».
Une des apprentis est sa jeune sœur qui veut « prendre la relève », elle affirme qu’elle aime d’apprendre parce-que « c’est quelque chose de propre ». Actuellement on n’utilise plus le couteau mais les ciseaux, et on désinfecte avec de l’alcool.  On coupe une petite partie (seulement).
La deuxième doyenne n’a pas des doutes : elle le fait « parce-que la jeune fille a le droit d’avoir des enfants ». Selon elle, l’excision va faciliter l’accouchement. Ensuite, elle se corrige : « Pour certaines (femmes), l’excision va faciliter l’accouchement, pour d’autres, elles n’en ont pas besoin , mais…c’est la coutume » . Quand je cherche d’éclaircir ce qu’elle veut dire, elle ajoute que « c’est pour diminuer la fatigue » (de l’accouchement ). A-t-elle discuté avec des sages-femmes cette théorie ?, je lui demande.  Elle répond que sont les sages-femmes qui apprennent d’elles  comment faire l’accouchement!! Toutes le quatre affirment n’avoir jamais eu des problèmes de santé avec les fillettes excisées, traitées avec leurs médicaments.
Enfin, une question me brule sur les lèvres : si l’imam disait qu’il ne faut pas faire les excisions, qu’il n’est pas bon de les faire, que feraient-elles ? L’interprète traduit :« Comme c’est l’Etat ou l’imam qui le dit, elles pourraient laisser. ….elles feraient des questions…mais jusqu’à maintenant il  (l’imam) ne l’a pas dit ». Si il y a une loi que interdit l’excision, elles « n’ont pas vu les conséquences sur le terrain ».
L’Etat, le gouvernement  et la loi sont des  entités lointaines, mais l’imam est quelqu’un que l’on voit de près.

Les témoignages de sages-femmes et des médecins

                       

Une des sages-femmes confirme la continuation de la demande d’excisions, désormais à l’hôpital, elles (le staff) acceptent à fin de diminuer le dégâts, et cherchent de « faire semblant » : « Pour celles qui s’entêtent, pour que la fille ne soit pas stigmatisée…on pique et on fait couler des gouttes de sang, ou même on ne fait rien du tout ». Ensuite, on bat les mains et on fait la fête comme si… ». Elle a toujours cherché de « sensibiliser ».
« Encore on voit dans les accouchements des déchirures du périnée…les rapports sont douloureux…les hommes préfèrent le Sénégalaises qui ne sont pas excisées..les femmes excisées n’ont pas la jouissance ».
Elle réfère aussi un cas de viol d’une fillette de 5 ans….elle était « domestique » chez une famille, et de grossesses même à 10 ans !

L’autre sage-femme me décrit la situation d’un des accouchements récents qu’elle a traité : la femme a eu besoin d’une épisiotomie très accentuée et elle a du être « ravaudée » à travers toutes les couches des tissus détruits. Elle a convoqué la famille et les a mis sur la sellette pour les méfaits dont ils étaient responsables. « La mère pleurait ».

Sur le côté positif, enfin, les deux gynécologues, l’un en service à Conakry et l’autre à Kamsar, confirment que dans les dernières 10 années un bon pourcentage des femmes au dessous des 25 ans n’est pas excisé (mais pourtant toutes les fille que j’ai interviewé étaient excisées !). On n’a pas pu obtenir des données statistiques précises. Une circonstance reportée par un des gynécologue me frappe : il dit que pendant les vacances scolaires on voit « les enfants habillées dans la rue, on sait ce que ça signifie ». Je lui demande alors pourquoi personne de la police ne voit rien de cela, n’arrête pas cela ; il n’a pas de réponse convaincante : « il faut que les femmes décident de laisser l’excision… », il ajoute. Une enseignante de Boffa, au Séminaire de Boké, disait que « tout le monde le sait » (que les excisions continuent) et que «’il ne faut pas se cacher derrière la loi », pas respectée.
Discussion

Il me semble évident qu’en Guinée la pratique de l’excision soit entourée d’ une complicité, une connivence, un accord sur tous les versants sociaux qui sont presque universels, ce qui est confirmé malheureusement par les données du Rapport Unicef 2013. Personne ne m’a jamais parlé de poursuites du méfait accompli, même quand  « on a volée la fillette ». Il s’agit des proches, des grandes mères, d’amies intimes, comment faire, le dégât est déjà là…Aussi dans le cas de la mort de la fillette, raconté par un élève, on n’a pas porté plainte. Dans les meilleurs des cas, le désaccord sur la pratique est individuel, il ne fait pas « tâche d’huile », ou pas assez.

C’est cet accord, cette uniformité, bref, cette acquiescence à « la tradition » qu’il faut briser. Il y a des brèches, il faut les élargir, renverser graduellement le modèle de féminité, ré- évaluer  et présenter comme une valeur l’intégrité du corps de la femme et son droit au plaisir sans le confondre avec ce que, avec du mépris, on me désignait de « vagabondage »,  débauche. Ayant  remarqué des discours contradictoires dans plusieurs témoignages des élèves, quand la connaissance  de l’impact négatif sur la santé des femmes  n’excluait pas les propos favorables à la continuation de la pratique, il me semble qu’il soit nécessaire de conjuguer les renseignements ponctuels sur les dégâts physiques (et psychologiques) de l’excision avec l’appel à l’analyse critique, à ce qui « cloche » entre le plan cognitif et affectif, au moins pour la couche des jeunes les plus instruits, qui peuvent  devenir les propulseurs du changement, les « innovateurs » selon la théorie  de E.M. Rogers. Et il faut l’encouragement à réfléchir sur son expérience.
L’ enseignement de l’école coranique, très généralisée, difficilement stimule l’exercice de l’analyse critique de ce que l’on apprend. 

L’imbrication étroite des couches sociales (urbaines-rurales, paysannes-professionnelles, hautes-basses)  presque partout dans l’Afriques des villages semble suggérer pour la vidéo une approche sur différents niveaux et plans, de façon à s’adresser aux principaux « stakeholders » : adolescents, jeunes mères, femmes plus âgées encore convaincues que l’excision soit un « must » social, une sine-qua-non pour les femmes..

Plus que les causeries, les plaidoyers, les sanctions, les conférences, les séminaires, une vidéo nous semble un outil attrayant qui peut s’adresser à plusieurs segments sociaux au même temps, qui parle soit au cœur qu’ à la tête des spectateurs, pourvu qu’on sache toucher les cordes justes, et qu’elle soit appropriée culturellement, que puisse arriver à interroger les consciences et à mettre en discussion des certitudes ancrées. On ne doit pas essayer de convaincre mais de susciter des doutes, ou de les éclaircir si on en avait déjà, et susciter le débat.  Le Rapport Unicef 2013 fait état d’un manque de discussion même entre  époux sur l’excision. Un homme avec lequel je parlais m’a dit avec une pointe de désintérêt que « c’est une affaire de femmes ».
Les différents interlocuteurs ont des soucis différents, il faut les prendre en considération tous et en faire ressortir une vision nouvelle.


     
(1) Voir la Proposition de Vidéo Educative dans ce Blog: http://croceorsa.blogspot.it/2016/10/video-educative-contre-lexcision-en.html

lunedì 24 febbraio 2014

LINGOTTI E IPHONES



LINGOTTI E IPHONES: LE MINIERE DELL’AFRICA



Miniera in Sudafrica

E’ notizia di mercoledì 5 febbraio. Durante una conferenza  sulle risorse minerarie in corso a Città del Capo, mentre perdurava la ricerca di nove minatori seppelliti a 1700 metri di profondità nella miniera di Harmony  Gold Dornkoop vicina a Johannesburg, la Banca Mondiale annuncia l’iniziativa di sviluppare, nei prossimi cinque anni, una cartografia aggiornata delle risorse minerarie dell’Africa, che comporterebbe un finanziamento finale di un miliardo di dollari. Molto interesse da parte degli investitori. Intanto la metà delle miniere di platino sudafricane sono ferme per uno sciopero dei minatori che chiedono salari migliori e condizioni di sicurezza decenti. Richieste insostenibili, rispondono i padroni delle miniere, Amplats, Implats e Lonmin (les Echos, 5 febbraio 2014).
Si sa, il sottosuolo africano, quasi dappertutto, trabocca di tesori  che invece di essere una benedizione per le popolazioni si trasformano in maledizione perché aguzzano solo gli appetiti dei maxi pescecani delle multinazionali e dei mini pescecani (relativamente) locali, fomentando guerre e traffici illeciti. Intanto la fame di terre rare e metalli strategici aumenta esponenzialmente, e anche l’Unione Europea  punta a sviluppare nuove fonti di approvvigionamento  in Sudafrica, Malawi, Madgascar, Mozambico (François Misser, Africa miniera strategica, Nigrizia, gennaio 2014). Nella introduzione al Report on African Resources 2013, Kofi Annan parla di “commodity super-cycle”, quindi richiesta boom  di materie prime. Questa vera e propria escalation fa rabbrividire se si va a guardare il rapporto storico  tra ricchezza di risorse minerarie in Africa e guerre, senza  che i proventi di tali risorse  giovino alle popolazioni.

Lasciando da parte i casi più conosciuti dei diamanti  della Sierra Leone che hanno anche loro alimentato una  guerra sanguinosissima, andiamo a guardare le “ricadute” sul tessuto sociale dei profitti miliardari derivanti dall’export dei metalli preziosi in qualche paese africano di cui si parla di meno. A chi e a che servono nuove prospezioni  ultra sofisticate (e quindi costose) per scovare nuovi tesori sepolti?

Guinea

Il paese dispone dei 2/3 delle riserve mondiali di bauxite, giacimenti di ferro stimati a 9 miliardi di tonnellate, tra i monti Nimba e, a sud, l’appetibile Simandou il cui concessionario è Simfer. S.A., di proprietà di Rio Tinto (50,35%), Chalco (44,65%) e di tale IFC.  La Repubblica di Guinea avrà il diritto di assumere una partecipazione di un massimo del 35% in Simfer S.A. (miniera) e del 50,35% nella infrastruttura del progetto.  Bene: è di due giorni fa la notizia data da Radio France International di proteste di strada in un quartiere all’entrata della capitale Conakry per la continua mancanza di elettricità negli ultimi due mesi, che si sono concluse con due morti E tutti gli indicatori sociali sono arretrati negli ultimi 10 anni, anche a causa della disastrosa crisi politica. L’aspettativa di vita è di 54 anni (stima 2011), ogni donna  ha in media 5 figli (media assai alta), e la prevalenza delle mutilazioni genitali femminili è del 98% (Unicef 2013). Le stime del reddito pro capite 2011-2012 variano tra 400 e 500 USD/anno. Sono tornata da poco da un soggiorno in questo paese: la famiglia dei vicini, con più di 10 persone, faceva la spesa quotidiana con 15.000 franchi locali, un euro equivaleva a 9250 franchi. E si poteva considerare di fascia medio- bassa, non “povera”.
Ma presto si potranno esplorare meglio altre risorse come diamanti, petrolio, gas, nickel, cobalto, zinco, piombo….

Guinea Equatoriale 

Grandi riserve di petrolio sono scoperte nel 1996. Nel 2004, il paese produce 360.000 barili al giorno.  E’ il terzo paese africano produttore di petrolio e gas  dopo Nigeria e Angola. Nello stesso anno, un’ inchiesta condotta dal Senato degli Stati Uniti rivela che una banca americana (Riggs Bank) riceve la maggior parte dei proventi del petrolio. Secondo questo rapporto, almeno 35 milioni di USD sono stati dirottati negli USA da Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Presidente della Repubblica e famiglia (più altri famigli). Il presidente ovviamente smentisce le basse insinuazioni. Nel 2012, il primo ministro annuncia che la produzione ha raggiunto i 520.000 barili al giorno. Ma, sorpresa! Ci sono solamente  700 km di strade asfaltate (che sono pochini anche per 28.051 kmq), l’elettricità è disponibile nelle principali città ma con frequenti interruzioni, l’acqua corrente si può trovare nelle città ma non nelle zone rurali e le pompe sono in genere di proprietà privata (quindi l’acqua si paga cara).

Sao Tomé e Principe

Altro piccolo paese poco conosciuto, un arcipelago sull’Equatore, poco più di 1000 kmq. Anche qua sono stati  scoperti recentemente  giacimenti di petrolio che diventeranno produttivi nel 2016. Il Governo sin da ora promette che metterà in vigore dispositivi di controllo per impedire malversazioni e utilizzo perverso della manna petrolifera modellandosi sulle esperienze di Botswana e Timor Est. Ma a questo proposito il richiamo immediato è al caso del Ciad.

Ciad

  Donne in un villaggio del Ciad

Ad  Addis Abeba, il 27 settembre 2013,  il ministro delle finanze ciadiano Atteib  Doutoum afferma, secondo Bloomberg, “ Puntiamo a diventare il fulcro del business dell’Africa Centrale francofona”. E’ un paese immenso (1.284.000 kmq),  il decimo produttore di petrolio africano. Le riserve (stima: 1 miliardo e mezzo di barili) sono state scoperte negli anni 1990, e la Banca Mondiale, che finanziava parzialmente il progetto infrastrutturale, impose una clausola che sembrò una garanzia a chi seguiva le cose africane: un contratto tra il consorzio  promotore e lo stato stabiliva che una data percentuale dei proventi del petrolio andasse ai settori prioritari sociali: la sanità, l’educazione, lo sviluppo rurale. Accordo approvato dal Consiglio d’Amministrazione della BM il 6 giugno 2000. (Pétrole et dette : le cas du Tchad, 2005). La produzione cominciò nel 2003. Dopo più di dieci anni, che ne é stato di quell’accordo ? il Ciad è al 184esimo posto nella graduatoria dello Sviluppo Umano su 187 paesi (statistiche  UNDP 2012). Il petrolio ha fruttato 7,5 miliardi di euro in 10 anni, ma  Delphine Djiraibe, una dirigente di una coalizione di associazioni di piccoli produttori (CSAPR) creata nel 2002, protesta: ”I prezzi del petrolio sono alti, non dovremmo essere ancora vittime della povertà in questo modo!” e aggiunge: “La frustrazione è maggiore perché i guadagni del petrolio arricchiscono soprattutto una élite” (Le Monde, 13 maggio 2013). Strade asfaltate: 2000 km!

Angola

Consiglio di leggere almeno l’Executive Summary  di un rapporto del 2013 intitolato: Deception in high places, redatto da Corruption Watch UK and Associação Mãos Livres  in cui si analizza l’incredibile farsa che vede coinvolta in un’inchiesta internazionale esponenti altissimi del governo angolano, compreso il presidente Dos Santos, la società angolana Sonangol, il governo russo, le banche svizzere, i tribunali israeliani, dei conti correnti a Cipro, eccetera, e vede protagonisti improbabili procacciatori d’affari -mediatori. Una vicenda durante la quale un debito angolano di 5 miliardi di USD nei confronti dell’URSS  (ormai Russia), cresciuto durante gli anni della guerra civile, si è ridotto per magia finanziaria prima a 1 miliardo e mezzo e poi si è quasi volatilizzato, fruttando però ai procacciatori d’affari (che si sono riservati le fette più grosse), agli alti papaveri angolani e presumibilmente ai russi ed altri “mediatori” la bella cifra di 386.000 milioni di USD. A scapito del fisco russo e angolano, e alla faccia delle rispettive popolazioni. Intanto il governo angolano prevede un aumento dello sfruttamento di petrolio fino a due milioni di barili al giorno (dagli attuali 1,6) che proverranno dai nuovi giacimenti che cominceranno a rendere nel corso del 2014 (Ministro per il Petrolio José Botelho de Vasconcelos al Jornal de Angola , giornale di proprietà governativa,  nel 2012).
Il petrolio ancora rappresenta  in Angola il 95% delle esportazioni e fornisce il 79,5% delle entrate fiscali.  L’Angola è anche il terzo produttore di diamanti africano (7,5 milioni di carati), dietro Botswana e Sudafrica. Contemporaneamente possiamo apprendere che il 68% della popolazione è al di sotto del livello di povertà (da 1,5 a 2 USD/giorno) e il 15% delle famiglie vive in condizioni di povertà estrema. Nelle campagne il 94% delle famiglie è classificata come povera. Il 38% della gente non ha accesso all’acqua potabile, il 30% soltanto ha accesso all’assistenza sanitaria statale, l’aspettativa di vita è di 47 anni (stima 2010) e soltanto il 54% di bambini completano il ciclo elementare. L’analfabetismo femminile nelle zone rurali è del 73,6% (maschile: 34,6%) e quasi un capofamiglia su quattro è una donna.
E’ per raggiungere questi risultati, quindici anni dopo la fine della guerra civile, che si è battuto l’MPLA? Dove sono finiti gli ideali di Agostinho Neto, il predecessore dell’attuale Presidente Dos Santos (al potere dal 1975 e uno degli uomini più ricchi d’Africa), della lotta per il socialismo, per questo sono caduti innumerevoli combattenti cubani?
 Porto di Luanda

Repubblica Democratica del Congo

Uno dei più grandi e tormentati  paesi d’Africa (2. 345.409 kmq),  nato nel 1960 sul sangue  di uno dei più combattivi e lucidi eroi delle indipendenze africane, Patrice Lumumba, assassinato dai rivali in combutta con l’ex potenza coloniale belga, ha un sottosuolo che trabocca di ricchezze che si stima ammontino a 24 trilioni di USD (equivalenti al PIL di Stati Uniti più Europa intera): possiede le maggiori riserve al mondo di cobalto, e poi diamanti, oro, rame.
Ma per ora l’estrazione  dei minerali  è realizzata soprattutto attraverso piccole imprese artigianali  e spesso in modo illegale, nutrendo conflitti  interminabili che hanno contribuito a fomentare quella che è stata definita la Guerra Mondiale Africana, dal 1998 al 2003, e che hanno da allora continuato senza sosta a destabilizzare larga parte dell’est del paese,coinvolgendo  Rwanda e Uganda con pesanti complicità.
L’ illegal mining  è diffuso un po’ dappertutto e non solo in Africa: il numero di febbraio 2014 di Nigrizia riporta una vicenda oggetto di una inchiesta internazionale  che comincia in Ituri, una regione orientale della RDC che da 20 anni è scenario di guerre, razzie  e di stupri di massa e finisce in Svizzera, nei caveaux delle banche elvetiche. Secondo le accuse di TRIAL (Track Impunity Always), una società di Mendrisio, la Argot-Heraeus, che si occupa d raffinazione e trasformazione dell’oro dal 1973 ed é controllata da UBS (attenzione, anche nel rapporto già menzionato sull’Angola spunta  l’UBS!) “avrebbe trasformato in lingotti l’oro congolese pur sapendo della provenienza illecita del metallo e questo la renderebbe complice di un traffico internazionale.” I fatti risalgono al 2004-2005, quando Kinshasa, non potendo controllare l’est del paese, vendeva concessioni a chi si occupava di sfruttare le miniere d’oro, in questo caso, la Anglo Gold Ashanti sudafricana, che a sua volta le subappaltava a milizie locali che sfruttavano i ragazzini, che riescono a infiltrarsi negli stretti pertugi fangosi ( e pericolosissimi) delle miniere artigianali.
Inoltre, in queste miniere artigianali, per estrarre l’oro dal resto dell’amalgama  si utilizza il mercurio, che è altamente tossico anche se solo sfiorato o inalato. Secondo l’OMS il mercurio è tossico per il sistema nervoso centrale e periferico. L’inalazione di vapori di mercurio può produrre effetti dannosi sul sistema  non solo nervoso ma anche digestivo e immunitario, sui reni e sui polmoni e può  essere letale.
E però la produzione artigianale d’oro  a livello mondiale rappresenta il 15% della produzione totale annuale.

L’elenco sarebbe ancora lungo: a proposito della Repubblica Centrafricana, attualmente sconvolta dalla guerra, un rapporto dell’International Crisis Group del dicembre 2010, intitolato “De dangereuses petites pierres- les diamants en République Centrafricaine” chiariva che “l’estrazione artigianale fornisce lavoro a un totale che varia da 80.000 a 100.000 minatori in tutto il paese, che riescono a mantenere circa 600.000 persone. Un impatto non trascurabile in un paese di 4,8 milioni d’abitanti”. Il presidente deposto con il colpo di stato della famigerata Seleka a inizio 2013, Bozizé, arrivando al potere nel 2003 aveva introdotto regole apparentemente severe per regolamentare l’estrazione delle pietre preziose, ma l’effetto era stato perverso, come si legge nello stesso rapporto: “ Il livello elevato della tassazione incoraggia il contrabbando che le autorità  del settore sono troppo deboli per fermare. L’effetto congiunto di uno stato parassitario, della criminalità e dell’estrema povertà incita le fazioni rivali a combattersi creando condizioni propizie per meglio approfittare del commercio di diamanti”…. E non ci sono solo diamanti, ma rame, oro, grafite, ferro, caolino… Naturalmente la maggioranza della popolazione vive di « subsistence farming », agricoltura di sopravvivenza.

Diamanti del Centrafrica

Io credo che una  - dico una e non certo l’unica - delle ragioni endogene che rode alla radice di questi (ed altri) casi africani sia la questione irrisolta dello Stato. O meglio, risolta malissimo.

La questione della costruzione nell’Africa postcoloniale di una struttura statuale diversa, della liberazione dal sistema complessivo del colonialismo, non solo dal punto di vista  economico, ma dei rapporti sociali che tale sistema implicava, dalla subordinazione culturale, linguistica, psicologica che vi era sottesa e che fu denunciata così bene da Frantz Fanon, era al cuore del dibattito degli anni 1960 e ‘70 nei circoli progressisti e del marxismo africano. In Tanzania, e poi in Mozambico, a Capo Verde, in Guinea Bissau, sembrava che la ricerca teorico-pratica avanzasse e si facesse terreno di lotta e di confronto. Anche il Senegal pur con le sue ambiguità aveva delle chances, l’Algeria con la lotta dell’FNL, la Guinea con Sekou Touré che cercava di smarcarsi dalle grinfie dell’ex-potenza coloniale.

Oggi possiamo dire che lo Stato patrimoniale, la politica del ventre alleata e subalterna ai grandissimi gruppi estrattivi, imprenditoriali e industriali ha vinto dappertutto, persino in Sudafrica che pure era una giovane speranza fino a 15 anni fa: decapitati i ribelli, a cominciare dal menzionato Lumumba in Congo a Amilcar Cabral in Guinea Bissau, a Eduardo Mondlane e Samora Machel  in Mozambico e Thomas Sankara in Burkina Faso, anneghiamo nel variegato panorama di burosauri novantenni come Mugabe o più giovani figli di papà come Eyadema o Bongo juniors. “L’essor de l’Afrique”, lo sbocciare dell’Africa, come pomposamente intitola UNDP il suo ultimo rapporto sulla sviluppo umano, ha ben poco di umano. E di lotta di classe in senso stretto si può parlare solo in Sudafrica, che ha una struttura industriale e una storia di lotte sociali e politiche. Nella grande maggioranza degli altri paesi la povertà e l’analfabetismo,  la dispersione su grandi estensioni , la mancanza di punti di riferimento non solo impediscono che i focolai di insubordinazione, di lotta per i diritti economici, sociali e anche civili (vedi Uganda nel caso dei gay, vedi il Burkina Faso) si trasformino e si fondano in qualcosa che possa mutare i rapporti di forza. Ma molto più minacciosamente e pericolosamente, la lotta di classe ha preso delle “tournures” pseudo religiose farneticanti con AQMI, Boku Haram e le altre schegge islamiste, o esplode in odi etnici come in Sud Sudan e Centrafrica. O in rivalità inter-statuali. O in genocidi come in Rwanda. O in perdenti lotte nazionaliste come in Mali. E nel Sahel si allunga l’ombra dell’ islam politico.
Dalla maledetta Guerra del Golfo del 1991 si è inventato un altro satana quando il satana sovietico era ormai defunto. Si è fabbricato un nuovo nemico, un bau-bau artificiale che è diventato un mostro altrettanto reale del nemico di classe che si voleva sgominare. Un  mostro di Frankestein che dilaga e prolifera con  una folla di figli deformi.  E noi continuiamo a comperare Iphones e Ipads sempre più sofisticati, tra poco gli smart watches  anche se sappiamo che là dentro, con il coltan, c’è il sangue dei minatori illegali africani. Viva le nuove prospezioni. Viva le banche svizzere.

Aggiornamento del 10 marzo, copia e incolla dal website di Nigrizia, la Rivista dei Comboniani Italiani:
Dall'articolo "Il gioco del petrolio" di Riccardo Barlaam:

"La cosa più assurda di tutta questa storia è che il Sud Sudan, nonostante la ricchezza sulla quale è seduto, in questi tre anni di indipendenza ha fatto funzionare i suoi fragili apparati statali e assistito la sua popolazione non con gli introiti petroliferi ma grazie soprattutto alle centinaia di milioni di dollari di aiuti internazionali che arrivano da stati Uniti, Europa e Cina. E un fiume di risorse pubbliche è stato dilapidato. Nel nome della pace si sopporta tutto. Salva Kir ha ammesso che dei funzionari governativi hanno rubato dalle casse dello stato qualcosa come 4 miliardi di dollari. Il costo della corruzione. Lo sviluppo per il giovane stato resta ancora una parola senza significato."